Le sigrimoire

C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas Victor Hugo

Randonnée au lac du Sautet

C'est dimanche, il fait beau, je décide d'aller voir les Cheminées de Fées au lac du Sautet en limite du Dévoluy. Sur mon guide il est question de plein de magnifiques choses à voir. Je pars de chez moi il est 13h15, en route j'aperçois sur ma droite au loin le Mont Aiguille, je m'arrête prendre des photos de l'Obiou et tente de saisir le Bonnet de Calvin mais je suis mal placée pour bien le voir. En conduisant j'avais pourtant une belle vue sur celui-ci. La région me plaît, j'en ai plein les mirettes.

J'arrive à destination, le parking de l'église de Pellafol (les Payas) il est presque 15h. Je me chausse et commence la balade en me dirigeant vers le vieux Pellafol et en prenant mon déjeuner. Sur le chemin à une centaine de mètres devant moi je vois et entends deux chiens en liberté. Je ne fais pas la fière, je me dis "pourvu qu'ils ne viennent pas jusqu'à moi", je repense à Paulo Coelho sur le chemin de St Jacques qui a eu à affronter un chien. Je ralentis ma marche pour leur laisser le temps de passer. Finalement j'ai plus de frayeur que de mal.

Peu de temps après je surplombe le lac. Un petit chemin herbeux et arboré me mène au hameau où face au bassin j'emprunte le sentier RTM sur la droite. Il passe en sous bois en surplombant le lac. Le chemin n'est pas difficile, il monte et descend alternativement, quelques cailloux m'obligent à la prudence. Je passe par certains endroits où la roche est instable et où il est interdit de s'arrêter à cause des nombreuses chutes de pierres. Des aménagements ont été pratiqués pour l'écoulement de l'eau et afin que la végétation s'installe pour limiter l'érosion de la roche. Le lac vert et les montagnes au fond sont magnifiques.

Bientôt je vois une Cheminée de Fées appelée aussi Demoiselle coiffée. Il y en a d'autres un peu plus loin. Elles ressemblent à des tours ou des murs mais ce sont des phénomènes géologiques. Un petit belvédère est installé sur le chapeau de l'une d'elles, ce qui permet d'avoir une vue sur les Cheminées et le lac.

Le sentier arrive au torrent de la Souloise que j'entends déjà depuis un moment et qui me donne soif. Je le longe puis le sentier remonte sur le canyon de l'Infernet. Je redescends et me retrouve en sous bois , pas très loin j'entends des hurlements insistants, c'est sûrement un loup. Je me munis d'un bâton au cas où j'aurais à l'affronter, je me dis "il m'aura pas, je suis plus forte que lui !", le sentier remonte de façon assez raide et j'apprécie le bâton. J'arrive enfin au hameau de la Posterle, je prends la route en face du bassin comme indiqué sur mon guide. Normalement il ne me reste plus que 30 minutes pour boucler le parcours, il est environ 17h30.

Je continue par le seul chemin qui se présente et arrive à l'altitude de 1010 m où je dois changer de direction. Pas loin je devrais trouver l'entrée d'un tunnel. Je continue et le sentier prend une tout autre allure car il gravit la montagne. Il n'y a toujours pas de tunnel. Je me suis peut-être trompée de chemin entre les 2 ou 3 possibles. Je passe par des endroits dangereux très étroits avec le vide juste en dessous. Je commence à paniquer car il se fait tard et je vois bien que je n'ai pas pris le bon chemin. Je continue dans la même direction car je suis un peu têtue alors j'aime pas trop faire demi-tour. Les maisons du hameau en bas sont déjà toutes petites. J'arrive enfin au sommet, je me sens soulagée quand j'amorce une descente et me retrouve de l'autre côté de la montagne. En contre-bas je vois le lac tout petit et la belle chaîne de montagne. Le soleil est déjà invisible mais la nuit n'est pas tombée. Une lune blanche fait son apparition. Je suis excitée, je me dis que je suis sauvée, que je suis bientôt arrivée, que je ne vais pas dormir en montagne. Et j'accélère mon allure tellement je suis exhaltée.

Mais ma joie est de courte durée car je me rends compte que j'ai tourné en rond et me retrouve où je suis passée quelque temps avant. Je faisais déjà la course contre la montre à ce moment-là. Je suis dépitée, la seule solution est de rebrousser chemin et de redescendre à la Posterle. Je dois donc repasser par l'étroit sentier en bordure du précipice qui me donne le vertige. Je m'applique en essayant de garder mon calme, ce n'est pas le moment de trébucher sur la caillasse. Je mets un pied devant l'autre, je souffle, je regarde devant et évite de jeter un oeil sur les côtés, surtout en contre-bas où il n'y a même pas un arbre pour amortir une chute. Je peux le faire, je l'ai bien fait en montant, il ne me reste plus beaucoup de temps avant la nuit, les minutes sont comptées, je ne dois pas traîner. L'obscurité m'empêcherait d'avancer ou me ferait prendre d'énormes risques.

J'arrive enfin au hameau et cette fois la nuit tombe. Je décide de prendre la route, c'est plus sûr, du moins je n'ai pas de risque de chute. Reste à savoir de quel côté aller. Je dois rejoindre les Payas et aucun panneau n'indique cette direction. En montagne on ne sait jamais où une route mène tellement elle tourne. Je commence à m'engager à droite et puis la route va dans la direction opposée de celle où je veux aller. Je ne suis pas trop sûre de moi, il y a une chance sur deux. Je fais demi-tour pour revenir dans le hameau, je vais essayer de demander chez les gens. Il n'est pas tard, seulement 19h30. Mais aucune fenêtre n'est éclairée. Il n' y a donc personne dans ce hameau ? Enfin sur un petit panneau jaune je vois la direction des Payas, à l'opposé de ma première direction.

Il me reste 3,8 km à parcourir et je suis sauvée. Je suis heureuse, je ne pense pas que j'ai mal aux pieds, finalement 4 km c'est pas grand chose. Je suis prudente, quand une voiture arrive je me mets sur l'accottement. Il fait bon, j'ai la chance qu'il ne pleuve pas, la nuit est belle, la lune éclaire ma route. A mesure que j'approche des lumières des premières habitations, je suis parfois prise d'un doute : et si c'était pas le lieu-dit des Payas ?

Il me faut un peu plus d'une demi-heure pour enfin arriver. Je vérifie, c'est bien là où se trouve ma voiture. En chemin je n'ai rencontré personne de toute la journée, et sur le parking, des voyageurs descendent d'un car. Je reviens à la civilisation. J'ai mal partout mais je me sens heureuse d'être en vie et de ne pas avoir à dormir en montagne avec les bêtes. Il est un peu plus de 20h, je change de chaussures, je finis ma bouteille d'eau et repars vers Grenoble avec la musique à fond et le sourire aux lèvres. Finalement je vais pouvoir manger pas trop tard et ce sera de la brioche car j'ai bien mérité ça.

Encore seulement une soixantaine de kilomètres à tenir mais je suis dans ma voiture cette fois. Je croise les doigts pour que le trajet se passe sans encombre.

Les passerelles du lac de Monteynard

Hier je suis partie à 8 h direction le lac de Monteynard. La randonnée était organisée par le CAF et c'était la première fois que je partais avec eux. Nous avons eu une magnifique journée et ainsi pu admirer les eaux turquoise du lac artificiel. Par ailleurs j'ai rencontré des personnes tout à fait charmantes. Nous avons longé le lac et l'avons traversé à deux reprises par les passerelles de l'Ebron et du Drac. Voici les souvenirs visuels de cette belle journée d'automne :

En repartant, dans le car j'ai pu cette fois admirer le Mont Aiguille bien visible. Le responsable m'a conseillé son ascension si j'en ai un jour l'occasion. Cela me plairait rudement bien !! Ignorante que je suis je pensais que c'était de l'escalade, mais en fait c'est de l'alpinisme rocheux. Alors peut-être un jour il va me prendre la folie d'aller là-haut !

Site du bureau des guides du Mont Aiguille

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octobre 2008
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